DeepLoad Malware : ClickFix et WMI pour voler des identifiants
Alerte Sécurité : Menace Active liée à DeepLoad
DeepLoad est un chargeur de malware identifié récemment qui combine une ingénierie sociale agressive et des techniques techniques d'évasion pour voler des identifiants et des sessions de navigateurs. La campagne s'appuie sur la tactique dite ClickFix pour convaincre les victimes de télécharger un chargeur, puis s'installe de façon durable en utilisant des souscriptions WMI. Les mécanismes d'obfuscation et les injections en mémoire compliquent la détection et exigent une réaction rapide de la part des équipes de sécurité¹²³.
Analyse Technique
Vecteur d'infection : ClickFix
La méthode ClickFix repose sur des messages urgents et crédibles envoyés par e-mail, contenant des liens qui redirigent vers des sites compromis ou contrefaits. Les scénarios observés comprennent des notifications de mise à jour, des faux avis de paiement ou des demandes de vérification de compte. Ces e-mails peuvent livrer des archives auto-extractibles protégées par mot de passe afin de contourner les contrôles en passerelle et retarder l'analyse automatisée¹.
Actions urgentes recommandées
- Informer immédiatement l'ensemble des collaborateurs des caractéristiques de ces messages et demander le signalement systématique des courriels suspects à l'équipe sécurité.
- Bloquer les domaines et URLs identifiés par la veille interne et les enrichir via les flux de threat intelligence.
DeepLoad : loader, obfuscation et injection
Le chargeur applique plusieurs couches d'obfuscation et chiffrement dynamique pour empêcher la détection basée sur des signatures. Après déchiffrement, il exécute des techniques d'injection en mémoire pour exécuter du code sans laisser de binaire moteur persistant sur disque. Les méthodes repérées incluent des formes de Process Hollowing et des injections de DLL de type reflective, qui figurent parmi les techniques surveillées par MITRE sous T1055².
Actions urgentes recommandées
- Déployer ou vérifier la couverture EDR sur l'ensemble des endpoints et activer les règles de détection pour les signes d'injection mémoire, tels que CreateRemoteThread et modifications inhabituelles de process.
- Isoler immédiatement tout hôte présentant des comportements d'exécution anormaux pour éviter la propagation latérale.
Persistance via WMI
DeepLoad installe des souscriptions WMI pour déclencher du code lors d'événements système, une méthode de persistance discrète qui n'apparaît pas dans les mêmes emplacements que les tâches planifiées ou les clés Run. Les souscriptions peuvent contenir des consumers encodés ou référencer des scripts qui réactivent le chargeur après nettoyage standard³.
Actions urgentes recommandées
- Auditer toutes les souscriptions EventFilter/Consumer/Binding WMI et consigner les éléments inconnus ou récents.
- Supprimer ou neutraliser les souscriptions malicieuses identifiées et conserver des copies horodatées pour analyse forensique.
Vol de credentials et captures de sessions
Le principal objectif opérationnel de DeepLoad est le vol d'identifiants et de cookies de sessions de navigateurs. Le malware cible les fichiers de profils, extrait des mots de passe et copie des cookies pour reproduire des sessions authentifiées. Même après élimination du loader, des accès non autorisés peuvent persister si les identifiants ou les sessions n'ont pas été révoqués.
Actions urgentes recommandées
- Forcer la rotation des identifiants des comptes à privilèges et invalider les sessions actives sur les services critiques dans les 48 heures suivant toute suspicion d'infection.
- Appliquer MFA robuste sur les comptes administratifs et sensibles, et surveiller les accès inhabituels provenant d'IP ou de locations géographiques atypiques.
Impacts Business
Risques opérationnels
Une compromission réussie ouvre la voie aux mouvements latéraux vers des ressources sensibles. L'accès aux comptes à privilèges peut conduire à l'extraction de données, à l'altération de systèmes ou à des sabotages ciblés. La nature discrète de la persistance WMI augmente le risque d'infections qui survivent aux opérations de nettoyage initiales³.
Risques financiers et conformité

Le vol d'accès aux flux financiers ou aux portails de paiement peut conduire à des opérations frauduleuses et à des pertes financières importantes pour l'organisation. Par ailleurs, une exfiltration de données personnelles expose l'entreprise à des sanctions réglementaires liées à la protection des données.
Coût de l'inaction
- Laisser la menace proliférer sans réponse accroît significativement la probabilité d'accès non autorisé à des systèmes critiques et de fuite de données.
Recommandations opérationnelles
Prévention et durcissement
- Lancer une communication de sensibilisation ciblée auprès des équipes à compter de la diffusion de cette alerte et prévoir des sessions de rappel régulières sur la reconnaissance des pièges ClickFix.
- Restreindre l'exécution d'exécutables depuis les répertoires de téléchargement et appliquer des politiques d'exécution applicative (whitelisting) sur les postes critiques.
Détection
- Activer la journalisation étendue liée à WMI et surveiller spécifiquement la création/modification d'EventFilter, de Consumers et de Bindings. Effectuer cet audit initial dans les 24 heures suivantes.
- Tunner les règles EDR pour détecter les injections de processus, les patterns d'obfuscation dynamique et les accès anormaux aux fichiers de profils de navigateurs².
Remédiation et réponse
- Isoler sous deux heures tout hôte suspect afin de limiter la compromission des comptes et des ressources partagées.
- Réinitialiser immédiatement les mots de passe des comptes compromis et des comptes à privilèges, et révoquer les sessions actives avant la fin du jour suivant l'incident.
- Procéder au nettoyage des souscriptions WMI malveillantes identifiées et conserver un chiffrage des preuves pour les analyses post-mortem³.
Mesures complémentaires
- Déployer une gestion centralisée des secrets et appliquer MFA fort, idéalement FIDO2 ou équivalent, pour réduire la valeur des identifiants compromis.
- Durcir la configuration des navigateurs: interdire les extensions non approuvées, désactiver la sauvegarde automatique des mots de passe si elle n'est pas centralisée et surveiller les accès aux profils utilisateur.
Priorités immédiates (checklist pour les 24-48 heures)
- Informer les équipes et lancer la campagne de sensibilisation.
- Auditer et nettoyer les souscriptions WMI identifiées.
- Activer ou vérifier la couverture EDR et les règles d'injection mémoire.
- Isoler les hôtes suspects et forcer la rotation des credentials à privilèges.
L'environnement doit être traité comme à haut risque tant que la campagne active n'est pas contenue. Une coordination serrée entre SOC, équipe réseau et IT est nécessaire pour réduire la fenêtre d'exposition.